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Quelles initiatives pour le jeu vidéo et l’eSport à la télévision ?


Cette rentrée 2017 est synonyme de renouvellement des programmes pour les télévisions françaises. Si le jeu vidéo est plutôt boudé par les chaînes de la TNT, depuis l’année, dernière l’eSport commence à prendre une place prépondérante sur le petit écran. En toute discrétion et à la surprise de tous, C8 annonce une nouvelle production : une compétition eSport, d’abord annoncée sur le jeu PES 2018, puis finalement sur Counter Strike Global Offensive, présentée par une ancienne star de la téléréalité, Capucine Anav.

Le début difficile du jeu vidéo à la télévision.


Cette annonce pose à nouveau la question de la pertinence des programmes eSports à la télévision. Il est évident que les chaînes qui perdent chaque année de plus en plus d’audience cherchent à faire revenir le jeune public devant leurs programmes.
Dans les années 2000, l’arrivée de Game One et No Life dans des bouquets satellites et leurs audiences situées sous la barre des 1 % de part de marché confirmaient, précurseurs, que le jeu vidéo ne pouvait atteindre qu’une cible de niche. Quelques programmes tels que Le Journal du Jeu Vidéo sur Canal+ ou Gameblog sur MCM restaient invisibles aux yeux du grand public.
Aujourd’hui, No Life sort d’un plan de liquidation, et seul Game One qui survit grâce à son rachat par le groupe MTV, parvient à développer son audience grâce à la diffusion de dessins animés mangas.


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En comparant la moyenne d’âge des spectateurs des chaines historiques, on constate un vieillissement régulier de l’audience d’année en année et une absence de renouvellement. Le constat est sans appel, le public jeune se désintéresse des programmes de télévision, ne se reconnaissant ni dans les sujets abordés ni dans les formats utilisés.
Ces programmes sont en grande partie produits par une génération n’ayant naturellement pas évolué avec une manette ou un clavier entre les mains, et qui privilégie des arts plus traditionnels tels que le cinéma et la musique, écartant les éléments culturels des générations qui les ont suivies.
Celles-ci vont quant à elles préférer des programmes à la demande et à volonté que seul le web sait aujourd’hui leur offrir. Youtube, Twitch et les différents agrégateurs de vidéos sont à ce jour les maîtres incontestés du contenu audiovisuel auprès des 15-30 ans. La problématique des groupes télévisuels est ainsi d’arriver à concurrencer ces nouveaux acteurs de l’entertainment, en opérant une bascule générationnelle, sans pour autant perdre l’audience restée fidèle à leurs programmes grand public et dont les codes sont si différents.

L’eSport, formule magique ?


Ainsi, pour l’EquipeTV, l’idée première était de créer sa propre compétition eSport, mais sur un jeu vidéo qui puisse être suffisamment facile d’accès pour être à la portée du plus grand nombre, quitte à ce que celui-ci soit boudé par les amateurs d’eSport. Le football semblait être le choix idéal : des règles connues et maitrisées par chacun ainsi qu’un jeu vendu à plusieurs millions d’exemplaires en France.
Cependant et malgré son succès d’audience de 120 000 spectateurs en moyenne entre 20h45 et 22h30 (Source Médiamétrie), avec des pic à 200 000 spectateurs simultanés, le premier essai avec l’E-Football League n’a pas permis à la chaîne de renouveler l’expérience. Et pourtant, cette case de programme connaît une moyenne de 90 000 spectateurs, soit un saut de près de 30% par rapport aux programmes habituels de sports traditionnels.
Diffuser un journal d’actualité sous un format hebdomadaire ou mensuel aura également été une piste abordée par Canal+ et BeIn Sport. La formule utilisée est la même que pour le sport traditionnel : une émission courte, concise et agrémentée de reportages montés par des journalistes professionnels. Mais à quelle cible s’adresse-t-on ici réellement ? C’est à cette question qu’essayent de répondre les producteurs de ces émissions d’informations et d’actualité, espérant trouver la bonne formule pour s’adresser à la fois aux initiés, tout en essayant de rester suffisamment compréhensible pour le nouveau venu.
Bien que les chiffres d’audience ne soient pas encore communiqués, les deux chaines renouvellent leur saison avec des concepts ajustés, le 24 septembre prochain pour le Canal Esport Club, le 23 octobre pour BeIn Esports.

Sortir des sentiers battus


Le programme de C8 arrive donc dans une période faste où l’eSport fait l’objet d’un engouement certain auprès des investisseurs comme du grand public pour la qualité et le profil de l’audience qu’elle sait générer.
Toutefois, sortir des sentiers battus est un pari aventureux, au risque attendu de s’attirer les foudres des amateurs d’eSport. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui s’insurgent déjà contre cette nouvelle émission. Le jeu choisi était sans doute dans un premier temps le jeu de football PES, éternel challenger de FIFA, mais la réaction des joueurs et l’absence flagrante de scène compétitive, aura convaincu la production a, quelques jours d’intervalle de faire volte-face et de préférer le jeu Counter Strike : Global Offensive, jeu de tir tactique, star de la scène compétitive, pourtant habituellement boudé par les médias, du fait de la légitime prudence attendue sur le sujet du terrorisme.
Le jeu vidéo édité et développé par Valve a pourtant bien de quoi séduire, puisqu’il atteint chaque année des records de vente, avec 221 Millions de dollars de CA enregistrés en 2015 et des pics à 800 000 joueurs simultanés en 2016 si l’on en croit les statistiques de la plateforme Steam.
Pour être en accord avec les règles édictées par le CSA, l’émission sera diffusée à une heure avancée, vraisemblablement après minuit. Cette décision fait évidemment grincer les dents des amateurs qui voient ainsi une branche complète du jeu vidéo et de l’eSport reléguée à des heures tardives.
La présentatrice choisie pour cette émission, Capucine Anav, ancienne égérie de la téléréalité, aujourd’hui reconvertie comme chroniqueuse dans l’émission Touche pas à mon Poste, a par ailleurs énormément surpris. Sa crédibilité sur ces sujets reste au moins à parfaire, en tout cas à démontrer, à fortiori si elle souhaite recueillir l’approbation de la communauté, qui a cru lire dans ce choix, le gage de la faible considération portée par C8 à l’eSport et à ses spectateurs.
Enfin, H2O Production, propriété de Cyril Hanouna, fait ses premières armes dans l’organisation et la diffusion d’une compétition de jeu vidéo.
Autant dire que l’équipe de production devra ainsi assumer une première très attendue, et tenter une approche aussi efficace qu’innovante pour contenter le joueur averti comme le profane, tous critiques, tout en assumant les risques d’une organisation de compétition dont l’on sait que les facteurs d’incidents sont nombreux et très vite relayés, comme nous avons pu le constater ces 5 dernières années.
Cette annonce confirme malgré tout que la télévision cherche à se transformer et à diversifier son spectre de programmes pour le retour de l’audience des jeunes générations. Et si les objectifs sont difficiles, ambitieux, ils témoignent d’une réelle prise en compte de l’évolution des mœurs comme des modes de consommation.

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